Après une première exposition autour du thème « Abstraction », place au volet « Distorsion ». Un thème cher à deux artistes émergents du Nord du pays qui exposeront leurs « toiles » du 7 au 10 avril au Steigenberger Wiltcher’s.

 

La démarche est inhabituelle. Nous avons choisi d’attirer l’attention sur une exposition… que nous n’avons pas encore vue. La raison : la brièveté du temps d’exposition. Il faudra en effet se dépêcher entre le 7 et le 10 avril pour découvrir les univers complémentaires de deux artistes contemporains que nous ne voulions pas manquer : Patrick Ceyssens et Ayrton Eblé.

C’est la plateforme « Engarde ! », récemment lancée afin de mettre en avant des artistes d’art contemporains émergents, qui a choisi de réunir les deux approches au sein d’une même exposition. Certes, issus d’horizons différents, les deux artistes diffèrent tant par leur âge que par les techniques utilisées, mais une similitude existe dans le regard. Une similitude que l’on pourrait identifier sous le vocable de « d’univers distordu ».

Patrick Ceyssens est loin d’être un inconnu dans le monde des arts plastiques. Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Gand et titulaire d’un doctorat en Philosophie des Arts de l’Université d’Hasselt, cet artiste confirmé aime mêler photo, vidéo et peinture dans un univers qui lui est propre et auquel il confère un relief multidimensionnel à l’aide de techniques variées et originales. Il a exposé à l’international, en Italie, en Espagne ou au Royaume-Uni et aux Pays-Bas notamment. Il enseigne les arts visuels et l’analyse d’images dans diverses écoles.

Son œuvre est entremêlée de deux fils conducteurs. D’une part, il aborde le thème de la mémoire et son environnement trompeur. D’autre part, évitant de se perdre dans la mélancolie, il présente toujours une brèche, une perturbation qui renvoie l’image à sa fonction mémorielle. Nulle doute, vu le sujet de l’exposition, que c’est cette dernière approche qui sera privilégiée à travers les œuvres retenues.

Des peintures de (dé)construction

De son côté, Ayrton Eblé se définit comme un « visiteur régulier et non invité » des chantiers de construction et d’autres interventions architecturales urbaines. Par le biais de recherches pseudo-archéologiques, la ville se révèle à lui comme un champ de recherche esthétique en constante évolution.  Cet Anversois de moins de trente ans réalise – selon ses propres termes – des « peintures de construction » complexes. L’expression signifie que les matériaux qu’il applique sont empruntés au monde de la construction et du bâtiment : peinture de marquage, ciment colle, peinture béton. D’une manière paradoxale et fascinante, ces matériaux bruts sont appliqués avec beaucoup de soin, utilisés sur des surfaces méticuleusement trouvées et choisies. L’artiste peint, frotte et ponce comme un artisan de la peinture à l’huile – explorerait les effets de la peinture appliquée. Ici aussi, nous sommes très impatients de découvrir ce que la technique peut produire dans le contexte de notre époque marquée par les fléaux et les angoisses.

L’exposition des œuvres de ces deux artistes se tiendra du 7 au 10 avril au sein de The Library, un espace jouxtant le lobby de l’hôtel.

On notera que la plateforme Engarde ! et le Steigenberger Wiltcher’s préparent pour la fin du mois un troisième événement inédit impliquant, nous dit-on, une scénographie totalement innovante. Cela se passera au 6eme et dernier étage de l’hôtel. Nous aurons l’occasion d’en reparler.

Lieu : 71, avenue Louise – 1050 Bruxelles

Illustration : l’artiste – philosophe Patrick Ceyssens.

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