Les « fenêtres » du jeune artiste sont visibles à la Centrale.lab jusqu’au 2 juin. Percutant et lumineux.

Un panneau à l’entrée de l’expo avertit les âmes sensibles. Certaines toiles ne sont pas destinées aux jeunes visiteurs. La représentation du monde actuel, autodestructeur, soumis aux lois dictées par une logique monétaire absurde et inhumaine ne cherche pas à plaire au visiteur. Le totalitarisme financier impose par les armes son pouvoir sur des êtres façonnés par le monde industriel.

Mais très vite, des fenêtres vers un autre univers possible s’ouvrent dans les tableaux. Celui-ci est en opposition avec la noirceur du monde actuel. Les couleurs sont vives, la nature dans laquelle les humains s’inscrivent est lumineuse et généreuse. Le règne animal y trouve sa juste place, tantôt complice, tantôt prédateur, tantôt proie.

La révolte de l’artiste est assumée. Consciemment rousseauiste, romantique même. Mais pas naïve. « Ce n’est pas un idéal que je peins, explique-t-il. C’est seulement le monde tel qu’il pourrait – devrait – être, si l’on se débarrassait des faux symboles : le pouvoir, l’argent ».

Jérôme Tellier  s’est formé, après l’Académie, à l’Ecole supérieure des Arts Saint-Luc de Bruxelles. Au départ, en Bande dessinée. « Mais, explique-t-il, cela me gonflait de répéter des cases. Alors, j’ai préféré raconter des scènes en une peinture ». L’une d’elles s’intitule « Il fut un temps où la nourriture n’était pas gratuite ». Dans un coin du tableau figure un panneau explicatif pour apprendre aux enfants que les graines sont dans les fruits, à la disposition de tous. Elles sont faites, n’en déplaise à Monsanto et aux décideurs européens, pour être plantées et donner des plantes où poussent ces mêmes fruits. On peut lire ces œuvres-là comme une ode au cycle jouissif de la nature.

Ouverte depuis début avril, l’exposition attire le visiteur depuis le trottoir de la Place Sainte-Catherine, d’où l’on peut découvrir un « Futur proche » d’une inquiétante sérénité. Le public n’hésite à franchir la porte. Au point qu’après quelques semaines, le succès de l’expo étonne et ravit les responsables du lieu d’exposition. Les « Fenêtres » de Jérôme Tellier interpellent…

J.G

« Jérôme Tellier – Fenêtres »

La Centrale.lab  –   16, Place Sainte-Catherine – 1000 Bruxelles    www.centrale.brussels

Album/ catalogue disponible à La Centrale ainsi que dans les librairies Tulitu (rue de Flandre), Mot Passant (avenue de Jette) et Peinture fraîche (rue du Tabellion)