Le 37ème festival du film fantastique de Bruxelles s’est ouvert à Bozar ce 9 avril. Acteur fétiche du genre, Michel Angely vous fixe rendez-vous le 16 avril à 20 h pour « La mariée et les morts vivants ».

Organiser son mariage alors que la population entière est victime d’un virus mortel, est-ce une bonne idée ? C’est en tout cas le point de départ du dernier film d’Arno Pluquet. Un récit tragi-comique et saignant à souhait.  Découpe à la tronçonneuse garantie.

Parmi les acteurs, on retrouve en tête de casting Michel Angely, un acteur habitué du genre, fidèle au jeune réalisateur belge de 32 ans, cinéphile autodidacte, passionné de comédie-fiction et artisan d’effets spéciaux sans grands moyens.

Michel Angely donne sa version : Le film traite de ce qui se passe à l’époque actuelle. De la question de la migration, en particulier, et le malaise qui en découle. On ne vise personne en particulier. Je joue le rôle du père de la mariée. Ma particularité, c’est que mon personnage a une moitié de barbe. C’est filmé de manière particulière. On ne se rend pas compte tout de suite de l’artifice.

Le film respecte les règles du genre : C’est un film fantastique, avec du gore, mais il y a aussi de la passion, de la vengeance, de la tendresse…. Les participants à la noce sont enfermés, parce que dehors, c’est la guerre, l’envahissement des morts-vivants. Ce que l’on veut dire, qu’il s’agisse de la migration, du chômage, du climat, c’est qu’il ne faut pas attendre d’arriver à la catastrophe, en se bouchant les yeux.

Qu’on ne s’y trompe pas : l’acteur quinquagénaire affiche un sacré palmarès. Pas moins de 267 participations en quelque trente ans. Souvent des seconds rôles, qui donnent le relief indispensable au film de genre dans lequel Michel Angely s’est fait un nom. Car c’est une gueule, à la Ventura. Une présence. Un jeu d’acteur qui s’est construit au départ sur les planches du théâtre.

Auvergnat d’origine, Angely vit en Belgique depuis 1989. C’est l’Académie d’Evere et Daniel Nicodème qui repèrent son talent. Il jouera dans l’adaptation théâtrale de La Crise de Coline Serreau ou le rôle du Chapelain Ortega dans La Reine morte de Montherlant, à la Comédie Claude Volter. Plus récemment, on retiendra son second rôle important dans « Marbie star », de Dominique Smeets, plébiscité il y a deux ans par le public. Avant cela, on avait repéré sa silhouette, aux côtés de Jean-Claude Dreyfus et de Lio, dans le long métrage de Manu Gomez « Le Prince de ce monde » mettant en scène des messes noires basées sur des faits réels. Et en 2008, c’était Olivier Masset-Depasse qui faisait appel à lui pour le rôle de Bernard, un personnage fort en gueule qui emmerde son monde, pour « Cages », qui fut primé dans plusieurs festivals.

Dans une interview récente sur RCF, l’acteur, généreux, y va de son conseil aux jeunes qui voudraient suivre son exemple : Entrer dans la peau d’un personnage, cela ne se fait pas d’un claquement de doigts. C’est beaucoup de travail. Quand un réalisateur me propose un rôle de composition, je dois lire, voir des films qui correspondent au personnage. Je dois prendre mon temps, dans le noir, pour les faire venir à moi. Etre acteur, ce n’est pas de la rigolade.

J.G.

Jusqu’au 21 avril à Bozar

Programme : www.biff.net