Et si l’on s’interrogeait sur la provenance et la composition des fringues qui envahissent nos rayons.  Sur la façon de les confectionner. Et sur nos habitudes de consommation ? C’est un spectacle original – drôle – à voir aux Riches Claires jusqu’au 31 décembre.

Ils sont tous les quatre issus du Conservatoire de Mons, se sont associés pour créer la Compagnie Don’t Paniek , et se sont lancés dans une création collective sur le sujet. Et ils ont eu bien raison. Le résultat est convaincant et abouti. « Du fil à l’aiguille » questionne les dérives de l’industrie textile à travers quatre regards qui remettent en cause la « fast-fashion ». Après le spectacle, vous ne regarderez plus votre garde-robe de la même manière.

Sur la scène, envahie par les fringues et les cintres, les quatre jeunes comédiens – Caroline Tellier, Malkiel Golomb, Charlotte Fischer, Jean-Christophe Fernandez – campent  avec justesse un patron d’entreprise, une blogueuse-mode, une ouvrière exploitée, un agriculteur, une acheteuse compulsive. Les portraits sont criants de vérité et touchants. La mise en scène multiplie les points de vue, n’omettant ni  les aspects environnementaux ni sociétaux, ni la question des rapports nord-sud. Et au final, la question essentielle : comment combattre ces dérives ? Avec une réponse immédiate : par le rire, qui suscite la remise en cause et un regard critique sur nos comportements.

J.G.

« Du fil à l’aiguille » – Les Riches Claires – jusqu’au 31 décembre. David Nobrega, assistant à la mise en scène.